Passionate about societal impact of technology | ex-Founder of @Enseignons
#teachers network | currently Education Industry exec for
@Microsoftbe | Alchemist & curious by design.
New year, new resolutions. As I’m getting older each year (hopefully, I’m not the only one), I decided to keep track of my cultural food every month and use this opportunity to highlight some that are particularly worth it.
This month, I recommend watching Finding Vivian Maier & 💪The power of EMOJI 😮 , reading the great essay of Clément Viktorovitch (and special note for Carbone & Silicium, a gift) & Hélène Laurain, and Last Night in Soho.
P.S. : I have now watched every Jacques Audiard & Tarantino movies !
How did emojis, smileys, emoticones, 😊-whatever you call them conquered the world ? Great documentary about the history, the influence on language and the control we have on using emojis (but same could be probably be said about gifs – see related acquisition of Giphy by Meta) in our daily lives.
Something that could be perceived as a funny little thing might have more impact than we thought on diversity, inclusion, control and ultimately language and perception.
Nous ne pensons pas de la manière dont nous pensons penser
Le livre détaille, par le truchement de nombreuses expériences psychologiques, les deux « systèmes de la pensée » l’un intuitif, rapide, intuitif, en mode automatique (le lièvre), le second plus lent, plus rationnel et qui demande un effort cognitif plus grand (la tortue). Les deux sont évidemment des fictions, mais permettent de mettre au jour les différents biais cognitifs qui se présentent à nous, au moment de prendre des décisions, d’analyser des statistiques, etc. De mon côté, il me permettra de mieux tenter de débusquer les pièges dans lesquels je tombe spontanément ainsi que de forcer mon esprit à ne pas sombrer dans la paresse dès lors que des chiffres sont avancés (et l’on sait que la période est particulièrement propice à cela…)
J’en liste ici (en mode « brain dump ») quelques-unes pour en garder trace, ,sans être exhaustif :
effet d’ancrage
effet d’halo
loi des petits nombres
régression vers la moyenne
négligence du taux de base (oublier la fréquence de base de l’occurrence d’un événement dont on cherche à évaluer la probabilité.)
aversion pour la perte (par exemple dans les paris)
WYSIATI (ou COVERA : ce qu’on voit et rien d’autre)
heuristique de la représentativité (le fait de privilégier des stéréotypes)
coûts irrécupérables (considérer les coûts déjà engagés dans une décision)
règle pic-fin (les gens jugent une expérience en grande partie en fonction de la façon dont ils se sont sentis à son apogée (c’est-à-dire, son point le plus intense) et à sa fin, plutôt que sur la somme totale ou la moyenne de chaque instant de l’expérience)
Ceux qui me connaissent savent que je suis un grand féru de questions écologiques et que je passe une partie de mes soirées à visionner des reportages et à lire sur le sujet. Pour alimenter ma réflexion, j’ai déjà parcouru de nombreux ouvrages qui parlent de cette ère de l’anthropocène, en passant par des points de vue de collapsologues (Servigne), de spécialistes de l’énergie (Jancovici), d’adeptes de permaculture / décroissance / croissance verte (Cyril Dion / Pierre Rabbhi), etc.
Le livre de Bill Gates est écrit dans un style (très) simple, il a clairement pour vocation d’être pédagogique et systémique dans son approche. J’ai particulièrement apprécié son cadre théorique global : Bill Gates recommande d’analyser toute solution en la rapportant aux chiffres mondiaux (51 milliards de tonnes de CO2) et se posant systématiquement 5 questions :
Convertissez les tonnes d’émissions réduites en pourcentage des 51 milliards
Il faut des solutions pour les 5 activités principales dont proviennent les émissions :
l’utilisation de l’électricité : 27% des émissions mondiales de gaz à effet de serre
la fabrication de choses au sens large (des bâtiments et infrastructures aux objets du quotidien tels que l’électroménager) : 31% des émissions
la culture et l’élevage : 19% des émissions
les transports (de personnes ou de choses) : 16% des émissions
le chauffage et la climatisation : 7% des émissions
De quelle quantité d’énergie parlons-nous (kw = maison; gigawatt = ville de taille moyenne ; centaines de gigawatts = grand pays riche)
Quel est l’espace nécessaire pour développer les solutions au changement climatique (p. ex. : parc photovoltaïque)
Quel est le coût des « green premiums » (différence de coût entre une solution carbonée et une solution propre)
Une fois le cadre posé, Bill Gates va explorer les différentes solutions ou pistes à explorer dans les différents secteurs. Sans vouloir spoiler, sa réponse réside évidemment pas dans le « colibrisme », mais surtout dans la technologie (existante, balbutiante ou encore inexistante) !
En résumé, l’ouvrage de Bill Gates est une bonne première approche très pédagogique et accessible pour une compréhension globale et systémique des enjeux climatiques. Les solutions techno-centrées (tout comme les références aux projets financés par sa fondation comme Beyond Meat ou Terra Power, bien qu’annoncés avec disclaimer – sur ce sujet, je dois encore lire le livre de Lionel Astruc) hérisseront évidemment les poils de certains. Le livre contient également une section consacrée à l’impact de la Covid-19 sur le climat et sur nos sociétés dans la postface, en faisant un parallèle entre les actions des politiques, des entreprises et du citoyen et celles qu’ils pourraient prendre sur l’urgence climatique. J’aurais cependant aimé lire sur son avis des aspects comme la cryptomonnaie, les NFT, etc.
Pour ceux qui ne l’ont pas vu, je vous conseille le documentaire sur Netflix :
Ce n’est pas sans raison que j’utilise le titre d’un de mes romans préférés de L-F. Céline pour parler de cet ouvrage monumental de Shoshana Zuboff (« Surveillance capitalism », désormais disponible en traduction française). A l’avenir, il constituera à n’en pas douter un jalon idéologique majeur dans la compréhension globale de la modernité et de ses impacts sur les comportements individuels (économies d’action).
L’autrice développe une théorie globale, complète, documentée montrant la captation progressive de toutes les données (virtuelles dans un premier temps, humaines dans un second temps) pour orienter et conditionner tous nos comportements. Elle démonte en effet la phrase un peu trop simpliste « si c’est gratuit, c’est toi le produit » en expliquant que la matière première de cette nouvelle forme de capitalisme est l’humain au sens le plus large possible, qui fournit un « surplus comportemental ». Les véritables clients sont les entreprises qui achètent des comportements futurs sur les marchés.
L’ouvrage est très documenté (100 pages de notes), avec des exemples concrets dans l’industrie et un développement historique du début de ce changement structurel de capitalisme très intéressant. Les pages 454 à 468 (le chapitre « Comment s’en sont-ils tirés à si bon compte ? ») résument parfaitement les raisons et mécanismes-clés de sa théorie :
le « sans-précédent » ou l’impossibilité de comprendre des mécanismes opérationnels et commerciaux nouveaux
la déclaration comme invasion : art de la déclaration-appropriation, s’accaparant un matériau que personne avant n’avait décrété sien > dissimulation des pratiques > dérégulation requise
le contexte historique (suivant les attentats du 11 septembre 2001)
les fortifications : liens avec les autorités
le cycle de dépossession : raids plein d’audace > stratégies pour gagner du temps pendant l’accoutumance du public à des actions nagères choquantes > feindre de s’adapter / se retirer > préparation d’une nouvelle réattaque des mêmes cibles avec une rhétorique nouvelle
la dépendance : les services gratuits comblent les besoins des individus pour mener une vie effective dans un environnement de plus en plus hostiles.
l’intérêt personnel : tout un réseau de partenaires et de clients dépendent de cet impératif de prédiction
l’inclusion : c’est le fameux « network effect » : s’extraire de ce système peut conduire à un sentiment de solitude
l’identification : l’héroïsation des nouveaux CEO (admiration de leur succès financier, populaire)
l’autorité : nous pensons que parce qu’ils réussissent, ils ont raison et cela leur confère un statut d’expert.
la persuasion sociale : les innovations sont accompagnées d’une rhétorique ensorcelante
l’exclusion des alternatives : « there is no alternative ». Le capitalisme de surveillance s’est répandu sur le Net, puis la pression des économies de gamme et d’action l’a précipité dans le monde réel.
l’inévatibilisme : les appareils connectés viennent avec une rhétorique d’inévitabilité, détournant l’attention du capitalisme de surveillance
l’idéologie de la fragilité humaine : le processus mental est tristement irrationnel, incapable de remarquer la récurrence de ses échecs. Les capitalistes de surveillance utilisent cette vision du monde pour légitimer leurs moyens de modification des comportements : tuning, herding et conditionnement
l’ignorance : Ils savent des choses que nous ignorons et relèguent leurs buts et leurs pratiques aux coulisses. « Il est impossible de comprendre quelque chose qui a été fabriqué dans le secret et conçu pour être fondamentalement illisible » (cf. la notion de texte fantôme vs le texte que nous pensons lire)
la vélocité : rapidité d’innovation, mais aussi arme déployée comme moyen de paralyser la conscience et la résistance, tout en distrayant par des gratifications immédiates. (notion de « choc et stupeur »)
Il y aurait bien des éléments à discuter (notamment sur la dernière partie plus prospective), mais il faudrait pour cela que je complémente cette lecture par d’autres sur le sujet.
Ma lecture du moment s’est composée de deux ouvrages du sociologue français Gérald Bronner, dont j’appréciais l’intelligence des réponses lors de ses passages sur … un écran 📺 :
« Rapidement, peut-être seulement dans quelques décades, si nous consentons au léger sacrifice nécessaire, les hommes libérés par la science vivront joyeux et sains, développés jusqu’aux limites de ce que peut donner leur cerveau… Ce sera un Éden qu’il faut situer dans l’avenir au lieu de l’imaginer dans un passé qui fut misérable. » ( Jean Perrin)
Tout au long de « L’apocalypse cognitive », Gérald Bronner renvoie à cette citation, se posant la question si ce temps disponible est véritablement mis à profit, ou si au contraire le trésor de notre cerveau est spolié par la « dérégulation du marché cognitif ».
L’homme dispose maintenant de beaucoup plus de temps pour réfléchir, inventer, apprendre et contribuer au progrès de l’humanité, mais finalement, il se retrouve dans un paradoxe à regarder plus TF1 qu’ARTE. Entre la sociologie et la neurobiologie, Gérald Bronner mobilise des concepts extrêmement pertinents pour mieux comprendre notre ère (covid-19, réseaux sociaux, montée du populisme, des fake news), comme « l’éditorialisation du monde », la « désintermédiation » des néopopulistes grâce aux réseaux sociaux), les « boucles addictives » jouant sur les invariants de l’espèce humaine (besoin de conflits, de colère, de peur, de sexe, etc.), l' »effet cobra » et de nombreuses autres pages cornées dans mon livre, comme autant d’invitations à y revenir piocher des concepts dans le futur.
Mes craintes de début de lecture (titre apocalyptique, généralisation « des écrans / les réseaux sociaux » qui permettent souvent de mieux vendre que d’expliquer), Gérald Bronner mène son analyse avec brio et intelligence. Dans l’ensemble, s’il y a quelques points qui me semblent être un peu rapidement brossés, avec des arguments éculés (dont les fameuses écoles Waldorf pour les enfants des leaders de la tech), l’essai de Gérald Bronner souligne la question fondamentale qui devrait se poser à tous, écran ou pas d’ailleurs : est-ce que j’utilise le trésor de mon cerveau à son meilleur escient, en le nourrissant avec des aliments qui n’entretiennent que ses instincts primaires et sans le laisser se faire spolier par une économie de l’attention ? Ceux qui souhaitent aller plus loin sur les mécanismes à l’oeuvre liront « l’âge du capitalisme de surveillance » de Shoshana Zuboff (objet d’une prochaine chronique).
L’autre essai, « Cabinet de curiosités sociales » ressemble à une série de chroniques ou de réponses à des questions paradoxales. Si le cabinet de curiosités traite, par nature, d’objets d’étude disparates, la forme courte qui permet de traiter de sujets plus d’actualité lui fait manquer la profondeur d’analyse du précédent.
Pour ceux qui préfèrent la vidéo, il existe de nombreuses interviews de lui :
Une des raisons pour lesquelles je travaille pour le milieu éducatif (de l’extérieur), c’est pour la profonde humanité qui se dégage de certains enseignants, directeurs, éducateurs qui font la différence pour des élèves, dans la discrétion, avec humilité et toujours dans un profond respect pour les élèves. Parce que les enfants, adolescents sont traités à part entière, comme des adultes en devenir. Je pense évidemment ici au directeur Jérôme Chantraine, mais aussi dans ma vie personnelle M. Mottard (pour sa douce folie et ses cours passionnants d’histoire, donnés couché ou dans son transat) ou M. Benoît pour le parcours scolaire de ma fille.
Pendant deux ans, Thierry Michel a suivi la vie du collège Saint-Martin, dans la banlieue de Liège (Seraing), qui accueille tous les élèves accidentés de la vie. C’est pour cette raison que vous devez voir « l’école de la dernière chance », un documentaire qui met à l’honneur l’implication pleine d’engagement, le respect et qui rend un hommage juste à une profession souvent décriée. Un documentaire touchant qui est un véritable condensé des problèmes de notre société et du rôle de l’école dans ce cadre.
« Quand les méthodes scientifiques sont utilisées contre la science », s’il fallait résumer cet excellent documentaire (disponible sur Arte et ci-dessous). A l’heure des débats sur les vaccins, la 5G ou autre, le documentaire constitue un rafraichissant rappel de l’importance de défendre la science contre ce qui en a l’apparence (sound science vs junk science) et de rester vigilant sur les méthodes / protocoles / moyens de diffusion utilisés.
La fabrique de l’ignorance
Le documentaire passe en revue les cas d’école du tabac, du bisphénol A, des insecticides nicotinoïdes, du réchauffement climatique. où les faits scientifiques se sont vus mis en cause, par des études détournant l’attention du cœur du sujet, en employant des protocoles discutables, en inondant la toile d’informations biaisées…
Il aborde des concepts importants, comme l’agnotologie, et montre aussi l’impact du marché sur les sujets de recherches (2000 : génétique, 2010 : nanoparticules, 2020 : IA). Si j’ai particulièrement apprécié les travaux de l »Institut des Systèmes complexes (Tweetoscope) permettant une visualisation des diffusions d’informations sur le réseau social, il est dommage que le documentaire ne se soit concentré que sur les enjeux économiques, puisque la mécanique est à l’oeuvre aussi dans d’autres domaines (politiques, sociétaux, etc.).
Agnotologie Cette instrumentalisation de la science à des fins mensongères a généré une nouvelle discipline de la recherche : l’agnotologie, littéralement, science de la « production d’ignorance ». Outre quelques-uns de ses représentants reconnus, dont l’historienne américaine des sciences Naomi Oreskes, cette investigation donne la parole à des acteurs de premier plan du combat entre « bonne » et « mauvaise » science
This documentary completely changed my mind on gender identity (what is referred as « gender dysphoria » Gender dysphoria – Wikipedia). It follows Sacha, a little girl (born as a boy) and her parents in their fight to make the society treat her like other children her age. A wonder about difference, identity in a conservative society.
Ce documentaire est une merveille, « unique en son genre », qui va vous serrer l’estomac et vous retourner le cerveau sur l’identité de genre ( Dysphorie de genre — Wikipédia (wikipedia.org))
Un récit bien construit, drôle, des références aux Monty Python, à Tolkien et un décryptage des coulisses des différentes révolutions populaires (printemps arabes, révolutions fleuries, etc.), tout en illustrant concrètement des applications des concepts de non-violence (Gandhi, Gene Sharp).
« Croire que le changement peut survenir chez vous, voir grand et commencer petit, avoir une vision pour demain, pratiquer le dérisionnisme, retourner l’oppression contre elle-même : telles sont les bases de la réussite d’un mouvement non violent. Mais si les fondations sont nécessaires, elles ne suffisent pas. Votre mouvement, pour ne pas s’effondrer, doit aussi être bâti lentement et délibérément. Et la condition indispensable à cette solide construction, c’est que tout le monde y œuvre dans l’unité. » (p. 190-191)
Les neuf principes principaux sont :
Voir grand mais commencer petit ;
Se doter d’une « vision pour demain » capable de fédérer largement ;
Identifier les piliers sur lesquels le pouvoir repose ;
User de l’humour = concept de dérisionnisme « laughtivism » ;
Retourner l’oppression contre elle-même ;
Construire l’unité entre les différents courants qui composent le mouvement ;
Élaborer une stratégie précise, étape par étape, jusqu’à l’objectif que vous vous êtes donné ;